mercredi 5 juillet 2017

Jules Renard : Nos frères farouches, Ragotte (2)

BONNARD

Il est atteint comme la Dame aux camélias et ne se croit pas malade. Il sort tête nue, poitrine découverte et pousse devant lui, avec effort, un tonneau sur une brouette.
— Vous êtes imprudent, Bonnard !
— Le médecin m'a dit que j'allais mieux.
[...]
— Reposez-vous plutôt !
— Oh ! non, non, s'écrie Bonnard. En voilà assez ! On me traiterait de feignant.
Son cri le fait tousser ; il s'assied sur le brancard de sa brouette.
— Il faut rentrer à la maison, Bonnard !

Jules Renard, Nos frères farouches, Ragotte [1908], Balland, coll. « Renaissances », 1992, pp. 147-148.

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