mercredi 5 juillet 2017

Jules Renard : Nos frères farouches, Ragotte

Laveuse

Mais la grosse affaire, dans la vie de Ragotte, a toujours été le lavement du linge des autres.
Ce qui lui va le mieux, c'est d'aller à la rivière et d'en revenir. Pour qu'elle ait son air le plus naturel, il faut qu'elle soit en laveuse. Sa brouette devant ou sa hotte sur le dos, sa boîte sous un bras, le tapoir et la planche à laver sous l'autre, la mettent à l'aise et lui servent de contenance.
Elle s'adapte si bien à sa brouette qu'elles iraient toutes deux à la promenade, s'il arrivait à Ragotte de se promener. Et Ragotte est tellement lasse, des fois, quand elle revient de la rivière, qu'elle a l'air d'être ramenée par la brouette.

Jules Renard, Nos frères farouches, Ragotte [1908], Balland, coll. « Renaissances », 1992, pp. 31-32.

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